Cyclone et déménagement

Bon, et bien nous voici dans notre nouvel appartement. Oui, moi aussi j'ai l'impression d'avoir raté un épisode tellement tout est allé si vite... Samedi matin encore, je désespérais de pouvoir déménager ce week end, Gael faisant des siennes. Je me résignais alors à devoir prendre la route de la montagne lundi matin à 5h pour me rendre au travail. Puis nous nous sommes dit qu'il serait pas mal de téléphoner aux locataires de l'appartement que nous avons réservé, histoire de savoir quand ils pensaient quitter les lieux. Et là, surprise, ils étaient justement en train de déménager, bien courageux qu'ils étaient de prendre la route avec de telles conditions. Nous avons fait ni une ni deux, et nous sommes arrangés avec eux pour squatter les lieux dès l'après-midi.

Le rendez-vous était donné à 14h à Saint Denis, et nous avons rassemblé rapidement nos affaires et décampé comme des voleurs de chez Armelle. En effet, comme nous devions prendre la fameuse route de la montagne, nous avions plus de route à faire pour atteindre Saint Denis. J'étais peu rassurée dans les virages, les montées et descentes, mais nous sommes arrivés à temps et sans mal pour récupérer les clés. Ils n'avaient pas encore terminé de tout vider et nous promirent de nous tenir au courant. La voiture était bien encombrée de nos bagages mais il restait suffisamment de place pour que nous puissions nous permettre d'aller faire quelques courses. Pas le choix de toutes façons, car il nous fallait au minimum de quoi dormir et manger... C'est qu'il en faut des choses lorsqu'on s'installe ! Casseroles, bols, couverts, poubelles, serpière, oreillers, passoire... Sans oublier l'indispensable, deux tapis de sol pour ne pas à avoir à dormir à même le carrelage ! Tout est passé dans la voiture, qui se retrouva pleine comme un œuf...


Une fois les courses terminées, soit vers 17h, nous attendîmes patiemment des nouvelles des déménageurs... Qui avaient pris du retard ! Vider un appartement n'est jamais une mince affaire et ils avaient sous estimé le temps nécessaire et les quantités d'affaires à déménager. C'était assez la loose, a attendre sur un parking, dans la voiture pour la surveiller, en mangeant des pizzas achetés au Speed Rabbit...

20h enfin, nous avons pu les rejoindre, eux aussi fatigués de leur longue journée, qui n'était pourtant pas terminée, puisqu'ils devaient encore aller jusqu'à Saint Pierre. Nous avons rapidement déchargé la voiture et installé le "lit". Quel bonheur de pouvoir prendre une douche et enfin se reposer !


Le lendemain matin, j'eus l'agréable surprise de trouver un réseau wifi disponible pour avoir internet. Nous allons pouvoir en profiter gratuitement pendant 24h, c'est déjà ça de gagné avant de pouvoir faire installer notre propre connexion. Nous avons passé la matinée à déballer et ranger nos affaires comme nous le pouvions, et à faire l'inventaire de tout ce qui nous manquait. Nous allons remplir l'appartement petit à petit, et devons nous soucier des priorités (comme un frigo par exemple (^_^; ...). Même si c'est du camping, c'est chouette d'avoir son chez-soi et de pouvoir poser les valises, après un mois de squat chez Armelle.

Il nous reste encore beaucoup de choses à faire avant d'être vraiment installés, mais cela prend forme, tout doucement...

Gael

Ah ça, on nous avait prévenu ! On nous avait bien dit que nous allions arriver juste pour la saison cyclonique. Que c'était la pire période pour venir sur l'île. Nous étions prévenus. Et nous comptions passer au travers ? Jeunes insouciants !

Depuis le milieu de la semaine, nous avons les yeux rivés vers le ciel, et sommes surtout branchés sur les différents médias locaux, entre Free Dom et Antenne Réunion, ainsi que sur les sites météo. Ils annonçaient son approche. Désormais, nous nous demandions quand et où Gael aller frapper.

Gael, c'est son nom, à notre premier cyclone. Enfin, il n'est devenu cyclone que depuis quelques heures. Avant, il n'était qu'une petite tempête tropicale de rien du tout. Maintenant, il nous fait plus rire du tout.

Le département est en pré alerte cyclonique, ce qui signifie qu'il faut se tenir sur ses gardes. Et commencer à faire quelques provisions, au cas où.

Désormais je comprends les appellations bizarres données aux promos dans les supermarchés d'ici !

Car on ne sait jamais : en perdant de la vitesse au large de la Réunion, Gael a vu sa trajectoire dévier. Il "rebondirait" sur un anticyclone situé sur Madagascar et, en faisant ainsi la balle de flipper, pourrait bien revenir vers nous. Les prévisions le montre contourner la Réunion, nous annonçant de toutes façons un beau week end bien pourri ! Aux larges de nos côtes, même à 400km, le cyclone nous envoie un aperçu de sa colère. Nous sommes impressionnés, et ne sommes "qu'"en préalerte cyclonique... Une alerte orange ou rouge doit être terrible !

Et dire que c'est mon premier week-end ici, après ma première semaine de travail. Je ne pourrais même pas en profiter. J'espère au moins que le temps se calmera pour lundi, et que la route du littoral sera pratiquable pour aller à Saint Denis. Nous devions déménager ce week end mais cela est compromis par la fermeture de cette dernière aujourd'hui à 16h. J'ai eu de la "chance" de pouvoir la prendre ce midi, chance toute relative lorsqu'on connait les conditions de circulation sur cette route par forte houle...

http://www.zinfos974.com/La-Route-du-littoral-fermee-a-partir-de-16-heures_a3574.html


J'ai dû l'emprunter aujourd'hui et hier et j'ai pu avoir de belles frayeurs, notamment en prenant une vague sur la voiture et en patinant sur la route innondée. Voir la houle, les grandes vagues marrons pleine d'écume venir du large pour se briser sur le bord de la route et éclater en embruns, et faire la course avec elles, priant pour qu'elles ne nous arrose pas et qu'elles nous laisse continuer notre route sans problème. La sagesse m'aurait sûrement conseillé de prendre la route de la Montagne mais j'ai sans doute plus peur des lacets à flanc de falaise que des caprices de l'océan. De toutes manières, je n'aurai pas le choix lundi matin si le temps demeure de cette humeur.

Résultat : punis et privés de sortie, il va falloir prendre son mal en patience. Ca tombe bien, nous devons justement finir de regarder la saison 2 de Grey's Anatomy : Georges reparlera-t-il à Meredith avant la saison 3 ? Le patient d'Izzie survivra-t-il suffisamment longtemps pour avoir sa greffe de coeur ? Tant de questions cruciales, histoire de "faire passer le temps"...

Le lundi au boulot


Ca y est, les vacances sont terminées et aujourd'hui c'était la rentrée ! Cela fait bien bizarre de se retrouver dans une nouvelle ambiance, avec de nouveaux collègues, nouveaux chefs, nouveau poste... En fait c'était même le méga stress ^_^; J'ai l'impression d'être la nouvelle stagiaire, ne sachant pas trop ce qu'on attend de moi, cherchant désespérément des repères. Sauf que là, je ne suis plus la petite stagiaire à qui ont pardonne tout, je suis diplômée, et ça me fait encore plus flipper (T_T) Et puis j'avais oublié la fatigue d'une journée de travail, les réunions, les briefing du chef, comment on scrute l'écran de l'ordinateur en cherchant à gober tous ces rapports divers et variés, les petits coups d'oeil à l'horloge pour savoir combien de temps il reste, le déjeuner avec les collègues...

Mais ce qui est terrible ici, c'est qu'en reprenant la voiture le soir à la sortie du travail, on allume la radio histoire de s'aérer un peu l'esprit, on démarre, on prend la route, puis, au détour d'une colline, on aperçoit soudain l'océan, immense, bleu, et le soleil, et là, de suite, on oublie toute la fatigue d'un coup d'un seul, et on ne pense plus qu'au plouf qu'on va faire dans la piscine une fois arrivé à la maison. Bon, la piscine, on ne l'aura plus une fois installés à Saint Denis, mais l'esprit reste le même. Un sentiment de plénitude, comme une grande inspiration qui purifie. Pas comme à Paris où limite je préférais rester au boulot plutôt que d'affronter l'atmosphère polluée du métro ! Là, on fait une vraie coupure, et le stress ne nous suit pas jusqu'à chez nous.

On verra comment va se passer le reste de la semaine, mais, jusque là, ça va.


Week end autour de l'île

Le week end s'annonçait chargé en visites. Le plan était de faire le tour de l'île, nous arrêtant à certains points remarquables, en commençant par l'est. Ainsi, le départ fut sonné samedi matin vers Saint Denis pour atteindre la partie est de l'île.

Premier arrêt : la cathédrale de Sainte Anne, que François Truffaut a choisi pour tourner la scène du mariage entre Belmondo et Deneuve dans son film "La Sirène du Mississippi"... Il faudra qu'on pense à le voir, ce film, pour vérifier si c'est vrai ;o)


L'intérieur de la cathédrale, très... coloré...

L'arrêt suivant, tout aussi pieu, fut l'église de Piton Sainte Rose, Notre Dame des Laves, miraculeusement sauvée d'une coulée de lave en 1977 : la lave a emportée la gendarmerie, mais la coulée a contourné le lieu saint, se fendant en deux, avant de terminer sa course dans la mer en aval. L'église s'est ainsi retrouvée "enterrée" dans le sol une fois la coulée refroidie.



Depuis l'éruption, un escalier est nécessaire pour pénétrer dans l'église.

Une fois le côté culturel abordé, nous sommes retombés dans la découverte de la riche nature de l'île par un détour par Anse des Cascades, lieu de pique nique agréable où de nombreuses cascades offrent un moment de rafraîchissement avant une sieste sous les hauts arbres, juste devant la mer. Nous nous sommes restaurés dans un petit restaurant servant de bons caris.


L'instant Tahiti douche...

Le rougai saucisse de la cousine.

L'étape suivante fut notre première rencontre avec le volcan : nous sommes passés sur les coulées de lave du Piton de la Fournaise ! Nous avons traversé des paysages de désolation, où de larges coulées noires ont fendu net la verte forêt, ne laissant rien vivre derrière elles. Du moins, durant quelques années...






Retour ensuite vers la mer, avec la visite de Cap Méchant, où les vagues n'étaient cependant pas vraiment déchaînées.


L'étape suivante fut sensationnelle : nous nous sommes enfoncés vers les montagnes, empruntant des routes escarpées, pour atteindre la cascade de Langevin. Nous avions chaud, et, une fois l'émerveillement devant les chutes passé, nous sommes allés goûter la fraîcheur de cette eau de montagne lors d'une courte mais intense baignade ! C'était dur d'y rentrer, mais quel bonheur de barbotter dans les courants de cette eau si pure et cristalline !





Tout ceci nous ayant bien crevé, nous avons fini d'arriver à Saint Joseph, où Armelle nous avait réservé deux bungalows pour la nuit dans une pension fort agréable.




Le palmier du voyageur.

Un bébé margouillat s'invitant sur notre poubelle.

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>><<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<< Le lendemain, fini de rigoler : nous sommes allés à la conquête du volcan ! L'assaut fut ainsi donné au Piton de la Fournaise... La route pour y parvenir est bien longue et impressionnante, tant au niveau des changements progressifs de végétation et de paysage qu'au niveau des tours et détours qu'elle fait le long de la montagne, gagnant de l'altitude, se tranformant même en piste au moment de la traversée de la Plaine des Sables.






La traversée de la Plaine des Sables en voiture.


Le Piton de la Fournaise.La Fournaise avec à ses pieds le Formica Leo, petit cratère aujourd'hui éteint, sur lequel nous avons petit déjeuné.

Pour atteindre ce petit cratère, une petite marche, assez costaud quand on est à jeun et peu réveillé, est nécessaire. Il s'agit de descendre un escalier aux marches irrégulières serpentant sur la roche à flanc de falaise. L'effort et l'hypoglycémie nous aidant à délirer, nous nous croyons en pleine traversée du Mordor, en quête vers l'Oroduin pour détruire l'anneau ^_^;



P'tit déj' beignet sur le Formica Leo

Les falaises qu'il a fallu descendre pour atteindre la plaine où se situe le Formica Leo.


Le sol, dessiné par les coulées de lave qui ont refroidi.

Cette escapade nous a bien crevé, et nous remontâmes jusqu'à la voiture pour nous mettre en route vers Saint Paul. Il est possible de grimper jusqu'au cratère de la Fournaise, mais la randonnée faisant le tour du cratère était fermée pour cause de risques volcaniques. Pour aujourd'hui, nous en avions suffisamment vu, et nous avions hâte de rentrer prendre une douche et nous préparer pour le début d'une nouvelle semaine !