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Trahison et Tromperie

J’avoue être assez effarée par ce que je suis en train de découvrir de la condition masculine… Comment se fait il que les hommes puissent ainsi mentir et refuser de l’admettre ? Ludo me trompait au moins depuis plus d’un an et jamais je ne pourrais lui en tirer l’aveu, qui pourtant serait une chose qui soulagerait ma peine. Tout le monde autour de moi me raconte des histoires similaires dans lesquelles l’homme adultère a toujours nié avoir trompé sa femme, même le couteau sous la gorge. Je n’arrive pas à concevoir qu’il soit possible de fuir à ce point la réalité, cela me dépasse. Si les faits sont là et avérés, quel mal y a-t-il à les constater objectivement ?

Je refuse de voir Ludo aussi lâche pour agir ainsi, mais je le surestime sûrement trop. Lui qui était si frais, pétillant et sincère lorsque nous nous sommes rencontrés, cet homme que j’ai tant aimé pour sa réflexion et son originalité, le voilà qui se révèle à moi être aussi basique et anodin que le premier venu. « Voyons Anne, il ne te diras jamais, tous les mecs sont comme ça, ils ne peuvent pas l’avouer, c’est tout, passe à autre chose »… Voilà un refrain que je ne cesse d’entendre et qui m’énerve même s’il est sage. Car il me vexe. Quelque chose en moi refuse d’admettre que je me sois trompée et surtout que je me sois tant battue pour quelqu’un qui ne valait probablement pas toute l’énergie, la peine et les espoirs que j’avais mis en lui. J’ai essayé, au moins, et je bouillonne intérieurement car il avait un potentiel incroyable. Comment peut il ainsi le gâcher ?

Les femmes sont là pour élever les hommes mais certains ne sont pas prêts. Ils doivent apprendre et comprendre avant, sans brûler les étapes. Mais ceux là même oublient le plus important : rien ne peut être caché à une femme, surtout pas à la sienne. Nous sommes intuitives, sensibles, sorcières, et rien ne nous échappe.

Je sentais sa tromperie depuis plus d’un an, mais j’écoutais les sirènes plutôt que mon cœur. Je continuais à combattre pour nous offrir une place au Soleil, pour que Ludo puisse s’épanouir et que nous puissions retrouver la synergie que nous connaissions avant d’arriver sur l’île de la Réunion. Je ne me battais pas pour moi qui n’aie besoin de rien ni personne, étant une femme entière et accomplie, mais je me battais pour nous, pour un couple dans lequel respect, partage, échange et communion auraient été les seules valeurs.

Cependant, Ludo a laissé passer sa chance et n’a cessé de régresser depuis notre arrivée, se laissant aller, se laissant dévorer par son ego pour ne devenir que le reflet de lui-même. Jamais il ne me parlait malgré tous mes efforts pour communiquer avec lui. Je chargeais des moulins à vent, et Rossinante en a crevé. Aussi son départ est pour moi un soulagement, j’ai l’impression que la tique qui m’empoisonnait et me suçait mon essence a été arrachée, mais j’enrage d’avoir été volée et trahie, et encore plus qu’il ait osé me tromper sans même avoir le courage de me le dire, de m’en donner les raisons, pour que je puisse savoir ce sur quoi j’ai fauté, afin de travailler sur moi et de ne pas reproduire les mêmes erreurs. Il me vole cela également, me laissant seule avec ma fierté salie sur laquelle il a craché tout son dégoût.

Mon cœur est toutefois en paix (si, si, c'est vrai !) car justice sera faite et tout dans ce monde est une question d’équilibre. Seulement, comment faire confiance à nouveau après cela ?

En tous cas, si vous pouvez m’éclairer sur quoique ce soit dans ce message, ou m’apporter des précisions ou tout autre élément de compréhension, envoyez moi un petit message, je vous en serais très reconnaissante. J’en ai besoin. Merci.

Renaissance

Ca y est, une page se tourne et un nouveau chapitre peut débuter… Le déménagement fut rude, pénible, éprouvant, éreintant, bref, il fut tout un tas d’adjectifs qui semblent vains, pour en décrire précisément la nature fatigante, que ce soit physiquement que moralement. Heureusement j’ai reçu beaucoup de soutien et j’ai eu la chance d’avoir à mes côtés des personnes généreuses pour en venir à bout.

Nous avons enfin quitté cet appartement néfaste pour un nouvel environnement paradisiaque. Par « nous », j’entends cependant « Tao et moi », Ludo ayant préféré descendre du train en marche, laisser le navire quitter le port sans lui, s’arrêter pour faire du stop… En un mot, il m’a quitté mercredi dernier, le 21 septembre, le jour des 10 ans de l’explosion d’AZF. Il y a 10 ans, j’étais seule et perdue à Toulouse, me demandant ce qui allait bien pouvoir m’attendre dans cette nouvelle vie qui s’offrait à moi, quand soudain explosa une usine chimique, ce qui sera une catastrophe industrielle majeure, et 10 ans plus tard, mon couple explose et je me retrouve seule (+1 chat, certes) et perdue dans un nouveau quartier, me demandant ce qui va bien pouvoir m’attendre dans cette nouvelle vie qui s’offre à moi, ce qui est une déroute émotionnelle majeure. Même si je connais ce quartier par cœur, je redécouvre tout avec un regard neuf et un cœur innocent. Un cycle se termine. Rideau. Acte 2.

Ainsi nos chemins de vie se séparent, et je me reconnecte doucement à mon être intérieur, pansant mes blessures et envisageant mon avenir plus sereinement. Je suis en paix avec moi-même et me (r)éveille après un long sommeil dans la tour d’ivoire entourée de cette forêt de ronces. Je comprends soudain la signification de mes rêves récurrents, de mes maux, et prends conscience de ce qui s’est réellement passé. Tel le pendu, la lame XII du tarot, je voyais tout à l’envers. Dans la suite logique m’attends désormais la lame sans nom, et je me réjouis car la grande faucheuse va avoir bien du grain à moissonner !

Je posterai prochainement des photos de mon nouvel appart’ que j’adore. La résidence, sécurisée, donne directement sur le parc de la Trinité et c’est super agréable le soir en rentrant du boulot de pouvoir aller s’y balader. Un bon spot de taichi, aussi. J’ai également une super terrasse donnant sur l’océan, connexion au reste du monde. Mais Tao a un peu de mal avec ce changement. On s’épaule donc mutuellement dans nos peines respectives, et il est vraiment exceptionnel ! Il prend tellement soin de moi, éloignant les éléments néfastes et m’aidant à me rebrancher ! Je comprends désormais pourquoi les sorcières vivent avec des chats…

Rien n’est grave

Rien ne dure

Rien ne s’oublie

Ca bouge !

On peut dire que ce dernier week end de mai fut mouvementé pour notre petit quotidien qui commençait à se transformer en mer d'huile... Le vent fini toujours par tourner pour faire repartir l'embarcation !

Ludo a réussi à décrocher un entretien via une boite d'interim pour un emploi dans la logistique. Il s'agit d'une société basée près de l'aéroport, et c'est tout ce que je peux dire, ne comprenant pas grand chose à ce domaine d'activité (^_^; ... Après tout ce temps de recherches infructueuses, cet entretien était vraiment une bonne nouvelle, d'autant plus qu'il s'est bien déroulé, même si rien n'est joué.

La semaine s'est ainsi bien terminée et nous nous apprêtions à attaquer le week end joyeusement. Surtout qu'Armelle fêtait son passage de dizaine chez elle à Saint Paul ! Initiallement, il était prévu d'aller bivouaquer sur la plage de l'Hermitage, mais le temps menaçant nous a incité à nous replier (soit 40 personnes) dans son appartement (soit 50 m²). Cependant, nous n'avons appris cela qu'en arrivant à Saint Paul et c'est tente et équipement de camping sur le dos que nous partîmes dans l'après-midi de notre fief dyonisien. Et que notre voyage galère commença. 3h30 de route, un record ! Il nous faut prendre deux bus pour rejoindre la gare routière de Saint Denis, d'où partent les cars jaunes qui sillonent les routes de l'île, pour ensuite prendre le Saint Pierre Express. Nous fûmes relativement chanceux sur les temps d'attente et partîmes sans trop de difficultés sur la route du Littoral. J'avais bien demandé au chauffeur de nous arrêter à Cambaie, l'arrêt le plus proche de chez la cousine Armelle, mais il nous a complètement oublié et a fait la sourde oreille à nos demandes d'arrêt : de toutes façons, une fois cet arrêt manqué, le bus s'engage sur la voie rapide et il est alors impensable de faire descendre des voyageurs ! Verte de dégoût, je nous ai vu descendre à la gare routière de Saint Paul à des kilomètres du lieu de rendez-vous pour la plage (Armelle devait nous y amener). Et le prochain bus pour faire marche arrière passait une heure plus tard. Bus qui par ailleurs n'est jamais passé et nous dûmes nous résigner à appeler à l'aide pour qu'on vienne nous chercher... Arrivée en stress, la soirée commençait bien !

Mais une fois l'apéro avalé, tout était oublié et la fête fut vraiment super sympa !

Oui, c'est un saladier qui déborde d'ananas ;o) !



Guillaume, le colocataire d'Armelle, notre sauveur qui est venu nous sauver à la gare de Saint Paul (^_^;


Ça c'est de l'emballage cadeau pour une lampe ;o) !



Nous avons retrouvé pour une nuit notre première chambre réunionnaise, à savoir le salon d'Armelle ;o) ! J'ai bien apprécié de revenir là-bas, car nous y avons beaucoup de souvenirs lié à notre arrivée sur l'île :o) Armelle nous a proposé de passer la journée dans l'Ouest avant de nous ramener sur Saint Denis et nous sommes allés profiter de la plage à Boucan avec un ami à elle, Max, venu passer des vacances sous le Soleil tropical. Et y'a pas à dire, le Soleil et l'Océan par un dimanche apès-midi chaleureux, c'est vraiment l'extase !






Max prêt à aller taquiner la vague



Notre temple de coquillage (^_^)




Le "Lady la Fée" (jeu de mot en créole : les ladilafé sont les commérages d'ici)

Nous avons passé le début de soirée à Saint Paul où Yannick était de passage, ce qui nous a permis de discuter de son installation sur l'île et des nouvelles depuis qu'il y était venu en vacances. Il est la preuve du danger de venir en vacances sur l'île intense : on risque de ne jamais en repartir ;o) !

Un bon week end bien rempli où nous avons eu le plaisir de revoir du monde, ce qui est bon pour le moral... Et il fallait bien ça pour trouver la motivation de se lever pour aller travailler un lundi de Pentecôte (^_^; !

Expédition dans le Sud

Grosse journée aujourd'hui. Nous nous étions mis en tête d'aller à Miel Vert, une foire d'élevage se tenant à la Plaine des Cafres, au dessus du Tampon. Au départ, l'idée était séduisante, car nous voulions voir un bout du Sud de l'île dont tout le monde ne nous disait que du bien. J'ai donc tiré Ludo hors du lit à 8h pour pouvoir arriver au plus tôt, histoire d'éviter un peu la foule...

C'était en sous-estimant ma chance sur la route ! Sans parler de mon sens de l'orientation déplorable qui m'a déjà maintes fois trompée... Ca n'a donc pas manqué et nous nous sommes paumés sur la route à partir du Tampon ! Au lieu de suivre sagement la nationale, nous nous sommes engagés sur une départementale qui zigzaguait à flanc de montagne. Le paysage était certes beau, la végétation abondante nous laissant par moment apercevoir l'océan au loin. Ainsi, nous eûmes tout le temps de l'observer lors d'un arrêt forcé sur la route :



La, il n'y a qu'a peine une demi-minute, mais pour nous, ca en a duré 30 ! Apparemment, ils sécurisaient la route en taillant la roche en amont, provoquant des éboulis. La file de voiture derrière nous s'allongeait, s'allongeait, au fil de l'intervention, et tous attendaient patiemment qu'ils dégagent la route pour pouvoir passer.

Mais le plus drôle dans l'histoire, c'est que, comme nous nous étions perdus, une fois ce barrage passé, nous fîmes demi-tour et nous l'avons re-subit en sens inverse ! Et hop ! 30 min de plus ^^ A notre décharge, on dira qu'un manque d'indication sur le chemin à suivre nous a desservi... Nous aurions dû mieux regarder notre plan !

Résultat : Saint Paul - La Plaine des Cafres : 2h30 de route O_o; On aura mérité notre foire !

Les apiculteurs vendant leur production à la foire du Miel Vert.

Une vendeuse de fleurs.

Nous ne regrettons toutefois pas le déplacement : nous avons eu un aperçu des Hauts, et la vue depuis les hauteurs de l'île, plongeant vers l'océan, est vraiment belle. Nous avions l'impression d'être au niveau des nuages lointains qui entouraient l'île.


Nous sommes toutefois bien revenus, sans nous être laissés avoir par les bizarreries de signalisation.

Un plouf dans la piscine fut bien nécessaire pour évacuer tout ce stress en voiture ;) Il y a vraiment du monde sur les routes, et il faut toujours rester vigilant, car un embouteillage n'est jamais très loin ! Vive la clim' !

Pour le coup, demain, on retournera à la plage, c'est plus reposant ^^